The World Ends With You (It's a Wonderful World au Japon) est le dernier essai en date de Square Enix sur OS. Du RPG à la sauce fashion victim, qui tend à vanter les mérites de la haute couture pour affronter les moments difficiles. Résultat, vous voici débarqué dans un Shibuya [quartier type de Tokyo) parallèle à celui de la réalité, dans la double peau d'un héros assurément amnésique et d'une partenaire qui préfère recoudre vos boutons de pantalon alors que vous tentez de sauver votre peau. Votre mission? Remplir sept objectifs (un par jour) en temps limité imposés par les Reapers, les maîtres d'un jeu macabre, avec en cadeau à la clé, non pas le million, mais le droit de vivre. En somme, la rencontre improbable du film Battle Royale et du mouvement crétin, la Tecktonik ...

Visuellement honnête, c'est au niveau de l'architecture barrée et de la direction artistique que The World Ends With You assure l'essentiel. On se croirait en plein Kingdom Hearts (le célèbre RPG mettant en scène les univers de Square et Disney), option postmoderne, sans les élucubrations lassantes de la petite souris américaine. Si vous enchaînez les combats et gagnez des niveaux pour accroître vos statistiques, la particularité est d'améliorer aussi vos points de vie ou votre attaque en mangeant par exemple. Pour cela, entrez dans un fast-food, commandez, avalez et attendez sagement la digestion, Une aide indispensable qui vous permet de remplir certains prérequis pour porter un meilleur équipement acheté à Shibuya. Les développeurs ont d'ailleurs recyclé tous les coins majeurs du célèbre quartier, dont l'amphithéâtre de la mode, l'immeuble 109 (enfin, 104 dans le jeu), ou encore Hachiko (la statue à l'effigie d'une star canine à la sortie du métro), qui est le plus célèbre point de rencontre de la capitale, et également celui de nos deux acteurs principaux.

L'idée d'utiliser les deux écrans [un pour chacun de vos perses] lors des combats contre les Noise, petit nom donné au bestiaire du jeu, n'amuse que sur le papier, Le joueur exécute ses attaques variables en fonction des Pins disponibles (sorte de pog's que vous récoltez au cours de votre avancée ... ) - avec le stylet pour frapper l'ennemi du bas, et affronte celui du haut avec la croix directionnelle. Mais vu que nos yeux sont incapables de suivre simultanément l'action sur les deux écrans, les combats se révèlent vite bordéliques, Le jeu dit se dérouler sur une semaine. Seulement, quand arrivé au septième jour, notre héros retourne à la case départ pour une semaine supplémentaire avec, pour seule variante, un nouvel intervenant dans l'histoire, le joueur a déjà lâché prise, Un seul environnement, un système de combat brouillon et une action qui se résume à vider les décors de la menace Noise ou à guider certains mortels dans leurs choix, on a vite fait de tourner en rond. Derrière cet univers «merveilleux» se terre au final un concept qui puise sa durée de vie dans la redondance des situations et fonctionne sur les sept premiers jours ... beaucoup moins sur les sept autres et... on ne vous gâchera pas la «surprise». Le scénario s'en tire quant à lui avec quelques rebondissements, tardifs mais présents. Fort heureusement, notre monde est bien plus intéressant!